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Droit Pénal Général

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Le cours10 chapitres
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Quiz30 questions
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Cas pratiques9 corrigés
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Audio & VidéoCours narré
Plan de révision
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Étape 1 — ComprendreRegarde la vidéo en entier, puis lis le cours chapitre par chapitre
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Étape 2 — AncrerÉcoute l'audio en boucle (voiture, marche, avant de dormir)
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Étape 3 — Se testerFais le quiz + les cas pratiques, vise ≥ 16/20
Les 7 incontournables
  1. Définition de l'infraction : Art. 1 (sociologique) + Art. 110 (acte/abstention).
  2. Légalité : « pas de crime, pas de peine sans loi » + 2 corollaires.
  3. Non-rétroactivité sauf loi plus douce (in mitius, art. 6).
  4. 4 compétences dans l'espace ; le Maroc ignore l'universelle.
  5. Classification tripartite : Crime / Délit / Contravention.
  6. 3 éléments : légal, matériel, moral ; et Mobile ≠ Intention.
  7. Complicité de tentative ✓ mais tentative de complicité ✗.
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Le cours — clique pour ouvrir
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Peine ≠ Mesure de sûreté
PEINEbut : punir (répression)
MESURE DE SÛRETÉbut : prévenir, protéger, réinsérer

Sens strict : les infractions et leurs sanctions. Sens large (retenu) : l'ensemble des règles qui organisent la répression par l'État.

Levasseur : l'étude par l'État de la répression des comportements créant un trouble intolérable pour l'ordre social.

Double fonction

  • Expressive : un droit qui interdit (aspect axiologique).
  • Répressive : un droit qui punit. C'est l'ultima ratio (dernier recours).
🎯 Art. 1 : « la loi pénale détermine et constitue en infractions les faits de l'homme qui, à raison du trouble social qu'ils provoquent, justifient l'application à leur auteur de peines ou de mesures de sûreté ». Le trouble à l'ordre social est le seul critère d'incrimination.
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Les 3 écoles pénales
Classiquechâtier / expier
Positivistedéterminisme (Lombroso)
Défense socialeprotéger + réinsérer ★
★ inspire le Code pénal marocain

Évolution

Vengeance privée → justice privée → justice publique (l'État se substitue aux particuliers). CP marocain promulgué le 26 nov. 1962 (dahir), inspiré du code français ; réformes depuis 2003 (terrorisme, blanchiment, enfant/femme) + Constitution 2011 + peines alternatives.

Les 3 écoles

  • Classique : châtier pour expier la faute (même si la peine est inutile).
  • Positiviste : Lombroso (1876), Ferri (1881), Garofalo (1885) — le déterminisme.
  • Défense sociale : protéger la société + réinsérer. Inspire le CP marocain

Sciences criminelles

Criminologie (causes), criminalistique (preuve : ADN…), pénologie (peines/prison), politique criminelle (Feuerbach, 1803).

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« Pas de crime, pas de peine sans loi » — les 4 sources
DUDH
art. 11
Pacte int.
art. 15
Constitution
art. 6
Code pénal
art. 3
🎯 « Pas de crime, pas de peine sans loi » — Beccaria & Montesquieu. 2 corollaires : non-rétroactivité + interprétation stricte.

4 sources

DUDH art. 11 Pacte art. 15 Constitution art. 6 CP art. 3

Le législateur

  • Loi claire & précise (art. 2 : nul n'ignore la loi).
  • Peine proportionnée ; contrôle de constitutionnalité.

Le juge — 4 modes d'interprétation

ModeAdmis ?
Littérale
Systématique
Historique / téléologique
Par analogieINTERDITE

En cas de texte obscur → interprétation la plus favorable à l'accusé. Le juge individualise la peine (max/min, sursis).

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Une loi nouvelle rétroagit-elle ?
Plus DOUCErétroagit (in mitius, art. 6) OUI
Plus SÉVÈREne rétroagit pas NON
Prescription : crime 15 ans · délit 4 ans · contrav. 1 an

Non-rétroactivité des lois de fond (art. 4 et 6) : c'est la loi en vigueur à la date des faits qui s'applique.

🎯 Exception — loi plus douce (in mitius, art. 6) : la loi nouvelle plus douce rétroagit. 2 conditions : favorable au prévenu + avant un jugement définitif.
  • Mesures de sûreté (art. 8) : application immédiate (loi au moment du jugement).
  • Lois temporaires (art. 7) : régissent les faits commis sous leur empire, même après leur fin.
  • Loi divisible → partie douce ; indivisible → partie principale.
  • Lois de forme → application immédiate aux procédures en cours.
🎯 Prescription (action publique) : Crime 15 ans · Délit 4 ans · Contravention 1 an (mineur : délai à la majorité).
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Les 4 compétences
Territorialelieu au Maroc
Personnellenationalité
Réelleintérêts de l'État
Universellenature du crime
⚠️ le Maroc ne connaît pas la compétence universelle
CompétenceCritère
TerritorialeLieu de commission au Maroc (art. 10-11)
PersonnelleNationalité : auteur=active, victime=passive (art. 707/708/710)
RéelleIntérêts de l'État (art. 711)
UniverselleNature du crime (torture, piraterie)
🎯 Le Maroc ne connaît PAS la compétence universelle. Au Maroc → territoriale ; à l'étranger → personnelle/réelle.

Immunités & limites

Roi (art. 46), parlementaire (art. 64), diplomatique ; prescription ; amnistie (législative) ; grâce (Roi, art. 34, agit sur l'exécution) ; abrogation (dépénalise).

Étranger jugé au Maroc pour faits commis à l'étranger : plainte/dénonciation requise pour les délits ; règle ne bis in idem.

🎧 Écouter
Classification tripartite
CRIMERéclusion
DÉLITEmprisonnement
CONTRAV.Détention
↓ son intérêt ↓
Tentative : toujours
Prescr. 15 ans
Tentative : si texte
Prescr. 4 ans
Tent./complic. : jamais
Prescr. 1 an
Les 3 éléments constitutifs
LÉGALun texte
+
MATÉRIELl'acte
+
MORALla faute
= INFRACTION (les 3 réunis, sinon rien)

Art. 110 : « un acte ou une abstention contraire à la loi pénale et réprimé par elle ».

CatégoriePeine
CrimeRéclusion
DélitEmprisonnement
ContraventionDétention
🎯 Intérêt de la classification
CrimeDélitContrav.
TentativeToujoursSi texteJamais
ComplicitéOuiOuiJamais
Prescription15 ans4 ans1 an
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L'acte
Commissionvioler une interdiction (voler, tuer)
/
Omissionvioler une obligation (non-assistance)
Le résultat
Matériellerésultat + causalité
/
Formellesans résultat (empoisonnement)

Il faut un fait extérieur (les pensées ne suffisent pas). 2 composantes : l'acte + le résultat.

L'acte (art. 110)

  • Commission : violer une interdiction d'agir (voler, tuer).
  • Omission : violer une obligation d'agir (non-assistance ; abandon de famille, art. 479).

Modes : simple / complexe (escroquerie, art. 540) / d'habitude · instantanée (vol) / continue (recel).

Le résultat

MatérielleFormelle
Exige un résultat + lien de causalitéPunie sans résultat (empoisonnement, fausse monnaie)
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Mobile ≠ Intention
MOBILEla raison (vengeance…) indifférent
INTENTIONvolonté + conscience essentielle
L'erreur
de FAITsupprime le dol exonère
/
de DROITindifférente n'exonère pas

Responsabilité = imputabilité (sain d'esprit) + culpabilité (la faute). Art. 133 = théorie générale de la faute.

🎯 Intention (dol) = volonté + conscience d'accomplir un acte que l'on sait interdit (Garçon ; Merle & Vitu).
🎯 Mobile ≠ Intention : le mobile (vengeance, pitié…) est indifférent à l'infraction (tuer par vengeance ou pitié = même peine).

L'erreur

  • Erreur de faitsupprime le dol.
  • Erreur de droitindifférente (nul n'ignore la loi).

Faute non intentionnelle : imprudence, négligence (homicide involontaire, art. 432-433) ; faute contraventionnelle (simple violation). Mot-clé : imprévoyance.

🎧 Écouter
La frise de la tentative
Actes préparatoirespas punis
Commencement d'exécution= tentative
Consommationinfraction
Désistement volontaire avant la fin → pas de tentative
Tentative punissable ?
CRIMEtoujours
DÉLITsi un texte
CONTRAV.jamais

Art. 132 : toute personne saine d'esprit et capable de discernement est responsable. Coauteurs (art. 128) ; instigateur (art. 131).

🎯 Tentative (art. 114) — 2 conditions : ① commencement d'exécution (au-delà des actes préparatoires) ; ② absence de désistement volontaire (volontaire, spontané, antérieur).

Tentative infructueuse : manquée et impossible (art. 117) → il y a tentative.

Tentative de…Punissable ?
Crime (art. 114)Toujours
Délit (art. 115)Si un texte le prévoit
Contravention (art. 116)Jamais
🎧 Écouter
La complicité
Provocation · instructions · aide · moyens (art. 129)
même peine que l'auteur (art. 130)
jamais punissable en contravention · théorie de l'emprunt de criminalité
⚠️ Le piège ultime
Complicité de tentativepunissable
Tentative de complicitéPAS punissable

Art. 129 — modes : provocation (dons, menaces…), instructions, aide/assistance, fourniture de moyens/logement.

🎯 Art. 130 : le complice est puni de la même peine que l'auteur. Jamais punissable en contravention. Théorie de l'emprunt de criminalité.

Conditions

  • Comportement intentionnel + acte positif (pas par omission).
  • Antérieur/concomitant, en lien avec le fait principal.
  • Fait principal objectivement punissable (même si l'auteur est inconnu/en fuite/relaxé).
🎯 PIÈGE ULTIME : complicité de tentative ✓ punissable · tentative de complicité ✗ non punissable (la complicité doit être consommée).
Cas pratiques corrigés (sujets de la prof)

Cas n°1 — Khalid & Samir

Khalid (marocain) et Samir (égyptien) torturent puis tuent M. Hajji en Turquie (2003). Arrêtés à Rabat en 2006. Peuvent-ils être jugés au Maroc ?

Khalid : OUI. Compétence personnelle active (art. 707-708) car il est marocain. Conditions (crime) : nationalité marocaine + présence au Maroc + ne bis in idem.

Samir : NON. Étranger ayant agi à l'étranger sur un étranger → ce serait la compétence universelle, que le Maroc ne connaît pas.

Cas n°2 — Mostapha, Yassir & Youssef

Mostapha (trafiquant) fait porter par Youssef — serviable, crédule, ignorant tout — un colis (100 g de cocaïne) à Yassir. Youssef est arrêté ; perquisition chez Yassir (500 g). Youssef dénonce Mostapha. Qui peut être poursuivi ?

Youssef : NI auteur NI complice. L'élément moral est absent : il n'a pas l'intention de violer la loi (il ignore le contenu). L'aide matérielle ne suffit pas sans volonté de participer.

Mostapha : OUI, complice. Le fait principal (transport) est objectivement punissable ; peu importe que Youssef ne soit pas responsable (raison subjective qui ne profite pas au complice).

Yassir : OUI, auteur de détention de stupéfiants (500 g) : éléments matériel + moral réunis.

Cas n°3 — L'ancien gendarme

Un ex-gendarme remet une arme à un homme en lui promettant de l'argent s'il tue sa femme. La nuit du crime, le tueur pressenti panique, en parle à un ami qui prévient la police. L'ex-gendarme est-il complice ?

NON, pas de complicité punissable. Les actes (provocation + argent + arme) sont bien des actes de complicité (art. 129). MAIS l'auteur pressenti n'a rien commis ni tenté (pas de commencement d'exécution). Sans fait principal au moins tenté → la tentative de complicité n'est pas punissable.

Cas d'entraînement supplémentaires (variés)

Construits pour s'entraîner sur tout le programme — pas seulement le meurtre : vol, escroquerie, omission, erreur, loi dans le temps, immunité.

Cas n°4 — Le vol à la bijouterie

Yacine, cagoulé et ganté en plein été, s'apprête à entrer dans une bijouterie pour la voler. En voyant l'employé décrocher son téléphone, il croit qu'il appelle la police et renonce. Y a-t-il tentative de vol ?

OUI, tentative punissable. Commencement d'exécution : la cagoule + les gants + le fait de s'apprêter à pénétrer pour voler sont des actes non équivoques (au-delà des actes préparatoires). Et le désistement n'est PAS volontaire : il vient d'une cause extérieure (la peur d'être pris). → Tentative de vol (le texte la prévoit).

Cas n°5 — La fausse montre de luxe

Reda vend à un particulier une montre présentée comme un modèle de luxe authentique, avec de faux certificats, et empoche 30 000 DH. Comment qualifier l'infraction ?

Escroquerie (art. 540). Classification :

• Élément matériel → infraction de commission et complexe (manœuvres : fausses affirmations + faux certificats).
• Résultat → infraction matérielle (préjudice pécuniaire).
• Élément moral → intentionnelle (volonté + conscience de tromper).
• Peine → délit.

Cas n°6 — Le baigneur passif

Sami, excellent nageur, voit un enfant se noyer à deux mètres du bord. Il pourrait le secourir sans aucun risque, mais reste à regarder. Sami a-t-il commis une infraction ?

OUI — une infraction d'omission (non-assistance à personne en danger). Élément matériel = violation d'une obligation d'agir (ne pas secourir alors qu'on le pouvait sans risque). Élément moral = intentionnel (conscience du danger + choix de l'inaction). C'est l'exemple-type de l'infraction d'omission (≠ commission).

Cas n°7 — Le manteau échangé

En quittant un restaurant, Nadia prend au vestiaire un manteau identique au sien, persuadée que c'est le sien. C'était celui d'une autre cliente. Peut-on la condamner pour vol ?

NON. Il manque l'élément moral : l'erreur de fait supprime le dol. Nadia n'avait pas conscience de prendre la chose d'autrui (elle croyait prendre son propre manteau). Sans intention (volonté + conscience de soustraire frauduleusement), pas de vol. (Rappel : l'erreur de droit, elle, serait indifférente.)

Cas n°8 — La loi qui s'adoucit

Au moment des faits, l'infraction d'Omar était punie de 5 ans. Avant que son jugement ne devienne définitif, une loi nouvelle abaisse la peine à 2 ans. Quelle loi le juge applique-t-il ?

La loi nouvelle (2 ans). C'est la rétroactivité in mitius (loi plus douce, art. 6) : ses deux conditions sont réunies — loi plus favorable + entrée en vigueur avant un jugement définitif. (Si elle avait été plus sévère → on garde l'ancienne : non-rétroactivité.)

Cas n°9 — Le diplomate

Un attaché d'ambassade étranger en poste à Rabat commet une infraction au Maroc. Les juridictions marocaines peuvent-elles le juger ?

NON, en principe. La compétence territoriale s'applique (infraction au Maroc, art. 10) — MAIS l'immunité diplomatique est une limite : cause de non-recevabilité de l'action publique, soulevée d'office par le juge, et qui couvre toutes les infractions. (Autres immunités : le Roi, art. 46 ; les parlementaires pour leurs opinions, art. 64.)

Cas n°10 — Le coffre à deux

Adil et Reda défoncent ensemble un coffre-fort et le vident. Sont-ils auteurs ou complices ?

Coauteurs (art. 128). Chacun prend part à l'exécution matérielle de l'infraction → ils sont punis comme auteurs (pas comme complices).

Cas n°11 — Le recel qui dure

Karim détient chez lui un objet volé (recel) depuis 2022. En 2024, une loi nouvelle aggrave la peine du recel. Quelle loi s'applique ?

Le recel est une infraction continue : elle se prolonge tant que dure la dissimulation. La loi nouvelle s'applique pour la période postérieure à son entrée en vigueur (l'infraction se commet encore).

Cas n°12 — « Je ne savais pas que c'était interdit »

Un étranger commet au Maroc un acte interdit ici mais licite dans son pays. Il plaide qu'il ignorait l'interdiction. Est-il responsable ?

OUI. L'erreur de droit est indifférente : « nul n'est censé ignorer la loi ». (Seule l'erreur de fait aurait pu supprimer le dol.)

Cas n°13 — Le stop grillé

Un conducteur grille un stop par inattention et renverse mortellement un piéton. Est-ce un meurtre ?

Non, pas un meurtre. C'est un homicide involontaire : faute non intentionnelle (imprudence, art. 432). L'acte de conduire est volontaire, mais le résultat (la mort) ne l'est pas. Pas d'intention de tuer → pas de meurtre.

Cas n°14 — Le cambrioleur qui renonce

Yassine entre dans une maison pour voler, puis, pris de remords, ressort sans rien prendre, de sa propre initiative. Tentative de vol ?

Pas de tentative punissable. Le désistement est volontaire, spontané et antérieur à la consommation. (S'il était reparti par peur de la police = cause extérieure → là, tentative punissable.)

Cas n°15 — Tuer un mort

Un homme tire pour tuer une personne… qui était déjà morte, ce qu'il ignorait. Peut-on le poursuivre ?

OUI, tentative (art. 117). C'est l'infraction impossible : l'obstacle est matériel (l'objet) → le droit marocain la réprime au titre de la tentative.

Cas n°16 — L'enfant manipulé

Un adulte pousse un enfant de 9 ans (non punissable) à voler dans un magasin. L'adulte est-il responsable ?

OUI — l'instigateur (art. 131). Celui qui détermine une personne non punissable à commettre une infraction encourt les peines de cette infraction.

Cas n°17 — L'arme prêtée

Reda prête sciemment son arme à un ami pour un braquage, qui a effectivement lieu. Quel est le rôle de Reda ?

Complice (art. 129-2°). Il a procuré un moyen en sachant son usage. Le complice est puni de la même peine que l'auteur (art. 130).

Cas n°18 — Le complice et la récidive

L'auteur d'un vol est en état de récidive (circonstance aggravante personnelle). Son complice, lui, ne l'est pas. La récidive aggrave-t-elle aussi le complice ?

Non. La récidive est une circonstance personnelle : elle n'aggrave que celui qu'elle concerne (art. 130). Seules les circonstances objectives (inhérentes à l'infraction) valent pour tous.

Cas n°19 — Trop tard ?

Une contravention commise il y a 2 ans est découverte aujourd'hui. Peut-on encore poursuivre ?

Non. La prescription d'une contravention est de 1 an ; le délai est écoulé → l'action publique est éteinte. (Crime 15 ans, délit 4 ans.)

Cas n°20 — La loi qui durcit

Au moment des faits, la peine était de 2 ans. Une loi postérieure la porte à 5 ans. Quelle loi le juge applique-t-il ?

La loi ancienne (2 ans). La loi nouvelle plus sévère ne rétroagit pas (non-rétroactivité). (Inverse du cas n°8 : si elle était plus douce, elle s'appliquerait.)

Cas n°21 — La nouvelle mesure de sûreté

Une loi nouvelle crée une mesure de sûreté (ex. un suivi). S'applique-t-elle à une infraction commise AVANT cette loi ?

OUI — application immédiate (art. 8). On applique les mesures de sûreté en vigueur au moment du jugement : leur but est la protection, pas la répression.

Cas n°22 — À bord d'un navire marocain

Une infraction est commise à bord d'un navire battant pavillon marocain, en pleine mer. La loi marocaine s'applique-t-elle ?

OUI (art. 11). Fiction de territorialité : le navire (ou l'aéronef) marocain est réputé faire partie du territoire, où qu'il se trouve.

Cas n°23 — L'escroquerie d'un Marocain à l'étranger

Un Marocain commet une escroquerie (délit) contre un particulier en Espagne, puis rentre au Maroc. Jugeable ici ?

OUI, sous conditions. Compétence personnelle active : nationalité marocaine + présence au Maroc + ne bis in idem. Comme c'est un délit, il faut en plus une plainte de la victime ou une dénonciation de l'autorité étrangère.

Cas n°24 — Le harcèlement (sujet de la prof)

L'art. 503-1-1 punit d'un emprisonnement d'1 à 6 mois quiconque persiste à harceler autrui par des propos ou gestes à caractère sexuel. Classez cette infraction selon les 3 critères.

• Selon la peinedélit de police (peine encourue < 2 ans, art. 17).
• Selon l'élément matériel → infraction d'habitude (le texte dit « persiste » : répétition).
• Selon l'élément moral → infraction intentionnelle (conscience + volonté de harceler).

Cas n°25 — Le verre empoisonné

Une personne verse du poison dans le verre d'une autre et le lui tend. La victime, méfiante, ne boit pas. Y a-t-il infraction ?

OUI. L'empoisonnement est une infraction formelle : elle est punie dès l'administration de la substance, sans qu'un résultat (la mort) soit requis. Le comportement dangereux suffit.

Méthode : 1) qualifier les faits · 2) identifier la règle (compétence / élément moral / tentative / complicité / temps) · 3) appliquer au cas.

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Quiz — 30 questions

Tout le programme, en ordre aléatoire à chaque essai. Tape, vois si c'est juste, comprends pourquoi. Refais-le jusqu'à viser 16/20 !

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1 · Introduction
2 · Histoire & écoles
3 · Légalité
4 · Loi / temps
5 · Loi / espace
6 · Classification
7 · Élément matériel
8 · Élément moral
9 · Tentative
10 · Complicité
🎁 Bonus · pour aller plus loin

Compléments en format différent (générés avec NotebookLM). À écouter/regarder en plus du cours, pas à la place.

🎙️ Podcast — « La mécanique de la justice pénale »

~23 min, conversation à deux voix. Idéal pour réviser en écoutant.

🎞️ Aperçu vidéo (récap rapide)

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Le texte complet du cours (source : le polycopié de la prof). Cherche un mot, ou navigue par le sommaire.

📜 Code pénal — articles

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